Entre le réel et l’irréel, il existe certainement un monde de différence. Quoiqu’on puisse parfois se trouver coincé dans un scepticisme débordant face à certains faits qui se sont brusquement produits.
Il ne fait aucun doute que nous vivons aujourd’hui dans un monde où le vrai et le faux se ressemblent. Un monde où les gens s’efforcent de garder la face en jouant le jeu de la vraisemblance, de l’hypocrisie et du fanatisme.
Or, hier a été, aujourd’hui est et demain sera. C’est une vérité incontestable. Néanmoins, ce qui est étonnant, c’est que les belles histoires ont toujours tendance à se raconter uniquement au passé. Le présent, très souvent, pense qu’il vit au futur, à force d’être excessivement ignoré.
Puisque, trop souvent, on se trompe sans le vouloir ou sans le prévoir. Pire encore, on nous fait porter un masque pour se faire plaisir. On nous couvre assez souvent d’ignominies, juste pour nous réduire, nous blesser ou nous faire subir une vengeance injuste.
Cependant, nous posons parfois nous-mêmes notre piège. Nous jetons souvent les bases de nos souffrances. Ce piège est construit par l’innocence, la sensibilité, la sincérité et la simplicité. Ce piège vient d’abord de l’intérieur. Car vivre avec l’autre et l’accepter peut s’avérer être l’un des examens les plus décisifs que la vie nous fait passer, avant que ne tombe le verdict. Pourquoi ? Cela demande du temps, de la patience, du courage, de la tolérance et du calme, avant toute désinvolture.
Nonobstant le caractère périlleux que cela pourrait présenter, au final, tout peut se produire : soit on est déçu et, à ce moment-là, on peut même en souffrir ; soit on sort indemne, sans le moindre regret. Si tout se passe bien, alors ce test ne serait pas dénué de sens. Au contraire !
Au moins, on comprendrait qui nous a tenu la main et qui nous a abandonné au milieu de la tempête. Des instants de douleur, des moments de faiblesse, des périodes d’amertume, des éternités de souffrance que nous avons vécus. Pourtant, courageux ou pas, on ne recule pas devant son destin. Soit on franchit la ligne, soit on existe sans jamais avoir vécu.
Sans prévenir, tout peut basculer après un simple acte, une banale omission, une claire incompréhension ou une niaiserie. Le déclic peut arriver. Si les cassures sans fondement mettent souvent du temps avant d’être réparées, elles n’en demeurent pas moins lourdes de conséquences. Si grand est le désastre qu’elles peuvent causer.
Ça détruit, effectivement. Mais, en attendant que ça passe ou que ça casse, peut-être faut-il s’enterrer et attendre. Après toute tentative de clarification vouée à l’échec, le mieux serait d’attendre. Sans le moindre commentaire ni la moindre impatience.
Attendre le soleil et sa chaleur, la lune et sa fécondité, la pluie et sa semence, le vent, l’obscurité et la lumière. Attendre que la peur, la colère, la honte, la déception, le calvaire, le drame, la confusion, l’amertume et la soif de vengeance passent. Attendre le jour pour voir la lumière, l’appel pour sortir de terre et contempler un autre monde, le signal pour casser les chaînes.
Au fond, mourir pour renaître, comme la graine. Se tailler pour construire, comme la pierre. Gémir avec espérance, même dans la nuit la plus sombre.
Avec toute l’humilité requise et toute la sagesse possible, puisse la vérité guider nos pas et nous maintenir dans la bonne voie. Pourquoi pas ?
