Seuls les vainqueurs écrivent l’Histoire, je vous invite à en prendre connaissance, si vous daignez le faire
Messieurs les ambassadeurs d’Espagne et de France, ainsi que tout autre chef de mission diplomatique qui partage votre comportement, en Haïti,
Alors que des compatriotes se lamentent des plus récentes manifestations d’ingérence grossière et d’hypocrisie européenne, donc des blancs, en Haïti, moi, Nègre, petit-fils de guerriers et de révolutionnaires Africains qui ont fondé la Grande Nation haïtienne, dignement et fièrement, je vous réponds sans ambages, complexes, ni faux fuyants, voire des craintes quelconques pour votre désinvolture envers Ma Patrie. Je suis de ces Nègres qui ne quémandent pas, ni ne s’agenouillent devant quiconque. Liberté ou la Mort redeviendra la devise nationale dans la Nouvelle Haïti.
Oui, notre espèce existe encore dans ce Grand Pays Nègre, symbole vivace de l’humanité, de la dignité, de la liberté et De l’Égalité des Races. Je vous conseille de lire De l’Égalité des Races humaines (1885) d’Anténor Firmin, l’éminent anthropologue et homme d’État de ce Grand Pays, en réponse au raciste invétéré Arthur de Gobineau, un petit français.

Anténor Firmin, 1850-1911, Nègre Haïtien digne !
Je suis un diplomate qui possède des expériences bilatérales et multilatérales. De 1998 à 2021, j’ai travaillé comme diplomate dans plusieurs pays africains pour le compte de l’Organisation des Nations Unies, des États-Unis d’Amérique et comme conseiller diplomatique de deux présidents d’Haïti. Actuellement, je suis consultant en matière diplomatique et en coopération internationale. Je suis aussi éditeur de la page Substack The Haiti Files and More. Donc, je suis bien imbu de la déontologie, de l’éthique et des normes en matière diplomatique.
Je prends plaisir à vous rappeler les normes internationales en la matière. Elles sont de trois ordres :
- L’égalité de souveraineté,
La Charte des Nations Unies stipule
Article 2. L’Organisation des Nations Unies et ses Membres, dans la poursuite des buts énoncés à l’Article 1, doivent agir conformément aux principes suivants :
1. L’Organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses Membres.
2. La non-ingérence dans les affaires du pays accréditaire :
La Convention de Vienne sur les relations diplomatiques :
Article 41 1. Sans préjudice de leurs privilèges et immunités, toutes les personnes qui bénéficient de ces privilèges et immunités ont le devoir de respecter les lois et règlements de l’État accréditaire. Elles ont également le devoir de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures de cet État.
3. Ne pas nuire :
La Charte des Nations Unies
Article 2 7. Aucune disposition de la présente Charte n’autorise les Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État ni n’oblige les Membres à soumettre des affaires de ce genre à une procédure de règlement aux termes de la présente Charte; toutefois, ce principe ne porte en rien atteinte à l’application des mesures de coercition prévues au Chapitre VII.
En tant qu’officier des droits humains dans deux opérations des Nations Unies (au Rwanda en 1998 et en Sierra Leone en 1999), officier des Affaires civiles au Kosovo en 1999, directeur de trois projets du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) — dont un au Tchad (2000-2001) et deux au Burundi (2002-204 et 2008-2009), y compris en justice transitionnelle, ainsi qu’assistant spécial du représentant spécial adjoint pour les affaires humanitaires en Côte d’Ivoire, 2005-2007, je maîtrise la diplomatie multilatérale. Aussi, au Foreign Service Institute (Institut du service étranger) des États-Unis d’Amérique, j’ai appris le fonctionnement d’une ambassade et les principes qui régissent le métier diplomatique bilatéral. Enfin, en tant que conseiller spécial des deux plus récents présidents élus d’Haïti, j’ai arrondi les angles du métier.
Ces expériences riches en pratiques sur le terrain me permettent de comprendre que vous, Messieurs les ambassadeurs, avez violé ces principes comme suit :
- L’ambassadeur français Gautier Lekens sur le site Internet de l’Ambassade de France :
L’Ambassadeur de France en Haïti, Gautier Lekens, s’est entretenu, le 8 octobre 2026, avec le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé. Cette rencontre s’est tenue dans un contexte marqué par la mise en place de la Force de répression des gangs (FRG), les préparatifs électoraux et la publication du rapport du Groupe d’experts des Nations unies.
Au cours de cet entretien, l’Ambassadeur et le Premier ministre ont abordé deux enjeux majeurs pour l’avenir d’Haïti.
La sécurité : L’Ambassadeur a salué les améliorations observées dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, tout en soulignant leur caractère encore fragile et la nécessité de les consolider dans la durée. La montée en puissance de la FRG et des forces de sécurité haïtiennes doit permettre des progrès concrets et durables pour la population.
Le processus politique et les perspectives électorales : À la suite de la modification du décret électoral et à la lumière du rapport des experts de l’ONU, l’Ambassadeur a réaffirmé l’attachement de la France à un processus électoral crédible, permettant aux Haïtiens de choisir librement leurs dirigeants, avec des candidats répondant aux exigences d’intégrité indispensables à une élection libre et démocratique.
Il a par ailleurs rappelé l’attachement de la France aux régimes de sanctions des Nations unies et de l’Union européenne et à leur pleine application.
Le futur président d’Haïti devra être en mesure de représenter dignement son pays, de défendre ses intérêts et d’agir en faveur de sa population, tant en Haïti que sur la scène internationale.
La France poursuivra son dialogue avec les autorités haïtiennes et ses partenaires afin d’accompagner les efforts en faveur de la sécurité, de la stabilité institutionnelle et d’un processus démocratique crédible.

Premier ministre Fils-Aimé et ambassadeur Gautier Lekens
Crédit : Ambassade de France en Haïti
2. La déclaration de l’ambassadeur d’Espagne :
Le 12 octobre, alors que le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, participait à un cocktail pour marquer la fête nationale de l’Espagne, l’ambassadeur de ce pays en Haïti, Marco Antonio Peñín Toledano, a déclaré :
« La dignité humaine est en danger en Haïti. Les gens ont perdu la dignité en Haïti. Il faut la récupérer. Vous pouvez compter sur notre appui pour récupérer la dignité en Haïti. J’espère que l’année prochaine, on aura à nos côtés un nouveau président de la République élu démocratiquement. Ce président doit être un représentant de la dignité. Il doit être honorable. Il doit être fréquentable. Il doit reconquérir la dignité avec son exemple pour le peuple haïtien. »

Premier ministre Fils-Aimé, à droite, derrière l’ambassadeur espagnol, ministre des affaires étrangères Raïna Forbin, ministre de la culture et de la communication Emmanuel Ménard et le ministre de l’Environnement. Les commandants en chef des Forces armées d’Haïti et de la Police nationale furent aussi présent. Donc, les représentants des sujets espagnols au grand complet, absorbant les injures, tout en sablant le champagne alors que la Nation haïtienne est à genoux et le peuple exposé au mépris.
Photo : Ticket Magazine, Le Nouvelliste
Le Premier ministre, qui écoutait debout, juste à l’arrière de l’ambassadeur Toledano, ne paraissait même pas gêné ; d’ailleurs la Primature avait relie l’événement en direct sur son compte Facebook. Pas plus que l’on ne pouvait discerner la gêne de la centaine d’invités, dont plusieurs candidats à la présidence et d’anciens responsables de l’exécutif haïtien au cours de cette activité infâme.
Dans les deux cas, messieurs, vous avez violé les trois principes sacro-saints mentionnés ci-dessus. Ces déclarations outrepassent les limites de vos responsabilités diplomatiques. Vous devez obtempérer ou quitter le territoire haïtien sans plus tarder, messieurs, car vous ne pratiquez pas la diplomatie en Haïti : vous agissez comme des politiciens étrangers qui interfèrent dans la gouvernance du pays. Le droit haïtien et les normes diplomatiques vous enjoignent à quitter Haïti immédiatement ou à être expulsés, s’il existe encore des hommes et des femmes dignes en Haïti, comme vous le dites.
Je vous rappelle donc les principes suivants :
Premièrement, s’agissant de l’Article 2 de la Charte des Nations Unies, Haïti est entièrement et pleinement indépendante, ayant mis en déroute vos deux pays entre 1801 et 1804. D’abord, en janvier 1801, suivant la cession de la portion orientale d’Hispaniola à la France par le Traité de Bâle en 1795, Toussaint Louverture, le précurseur de l’indépendance d’Haïti, lança une expédition pour prendre possession de la colonie espagnole de Santo Domingo et la rattacher à la Colonie française de Saint-Domingue. De ce fait, la colonie espagnole et Hispaniola, petite Espagne, cessèrent d’exister.
La même année, Toussaint adopta une constitution qui le déclara gouverneur général à vie de l’île entière. Ensuite, en 1803, les révolutionnaires haïtiens vainquirent les troupes de Napoléon Bonaparte. Le 1er janvier 1804, Dessalines, commandant en chef de l’Armée indigène, déclara l’indépendance « à jamais » de l’Île d’Haïti de la France. Donc, vous ne sauriez agir comme des proconsuls, comme si vous refusiez cette histoire et ne vous sentiez pas concernés par la Charte des Nations Unies.
Deuxièmement, vous avez outrepassé votre rôle de diplomates par vos propos, qui violent l’Article 41 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Apparemment, vous ignorez ce document, et les apatrides dits haïtiens qui tolèrent vos remontrances injurieuses n’ont pas le courage de vous déclarer persona non grata. C’est ce que je ferais en tant que président, en vous donnant 24 heures chacun pour quitter Haïti.
Troisièmement, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le principe de « ne pas nuire » aux pays dans le cadre de la coopération internationale. Vos propos désobligeants portent atteinte à ce principe. En tant qu’êtres humains, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques vous reconnaît le droit d’avoir et même de diffuser vos opinions. Cependant, ce droit n’inclut pas celui de critiquer publiquement le système politique du pays qui vous a accrédités. De violer ce principe de non-ingérence vous rend passibles d’expulsion d’Haïti.
La Réponse simple aux “diplomates” français et espagnol
La loi haïtienne établit les conditions d’éligibilité aux élections présidentielles. Seuls les citoyennes et citoyens haïtiens ayant reçu des peines afflictives et infamantes y sont exclues. Aussi, seules les sanctions de l’ONU peuvent y être applicables, en raison de l’adhésion d’Haïti comme État membre. Les sanctions unilatérales n’en sont pas applicables, car elle violent le principe de présomption d’innocence. La justice haïtienne peut bien se saisir des allégations contenues dans les rapports annuels du Groupe des Experts. Je les y exhorte. En dehors du Chapitre VII de la Charte de l’ONU, quel est la base juridique des décisions politiques de pays étrangers ?
Quelle hardiesse ! Si seulement Haïti disposait d’héritiers dignes de ceux qui mirent en déroute vos aïeux espagnols et les français.



Les Leaders DIGNES des tombeurs des espagnols et de la France dans l’Île d’Haïti. Qui doit donner des leçons ?
Petite leçon d’Histoire aux apprentis proconsuls français et espagnol
Messieurs, il revient aux vainqueurs, nous, les Haïtiens, d’écrire l’histoire, pas vous, les vaincus. Alix Didier Fils-Aimé, qui n’est Premier ministre et chef du gouvernement haïtien que par votre indulgence grossière lorsqu’il refusa sa révocation du 20 janvier 2026, dans son allocution suivant la déclaration de l’ambassadeur espagnol aurait dû lui rappeler la souveraineté pleine et entière d’Haïti. Plutôt, incapable d’improviser, comme il l’admit, il prononça des platitudes et même de la « gratitude pour l’engagement de la France en Haïti. » Sacrilège !

Sans doute, Toussaint se frémit dans sa tombe, car, loin d’exprimer sa gratitude, en mai 1794, il abandonna son alliance à votre pays pour son refus de bannir l’esclavage. Pour leur part, certains des conzés haïtiens présents ont applaudi vos injures et votre condescendance à l’égard du peuple haïtien. Ils méritent tous la rigueur de la punition que Toussaint et Dessalines leur auraient administrée. Fransè palé, fransè konprann !
De nos jours, quel pays peut oser donner des leçons aux autres quand le président des États-Unis d’Amérique est un criminel condamné 34 fois ? Il voyage pourtant où il veut, quand il veut. S’agissant de l’Europe, l’Espagne et la France sont nettement mal placées pour donner des leçons de dignité et de fréquentabilité à Haïti.
Retraçons plus profondément l’histoire :
- Les crimes coloniaux : Les Européens, surtout l’Allemagne, l’Angleterre, l’Espagne et la France, ont commis des crimes odieux, pour ne citer que quelques-unes. En Amérique, ils ont exterminé les peuples autochtones pour créer le lebensraum (l’espace vital) pour l’excédent de populations Européennes sur leur continent. Pour la plupart, ceux-ci furent des criminels que vos arrière-parents avaient bannis dans les colonies. Ces gens sans scrupules ont décimèrent les populations qu’ils trouvèrent dans ces territoires. Dans l’île d’Haïti, il n’existe pas un seul Taïno, messieurs les ambassadeurs français et espagnol : vos colons les exterminèrent tous avec l’assistance de votre religion.Qui a oublié le génocide des Hereros par les allemands en Sud-Ouest de l’Afrique, la Namibie actuelle, entre 1904 et 1908, ou les Guerres de l’Opium (1839-1842 et 1856-180 des anglais contre les chinois ainsi que les Trails of Tears, sentier des pleurs, des européens dans ce qu’on appelle les Etats-Unis d’Amérique (entre les 16 et 19e siècles) quand vous exterminiez les peuple autochtones et la mise en réservation ainsi que la conversion forcée à vos religions des survivants aussi dans ce qu’on appelle le Canada d’aujourd’hui.
- Poutine et Trump sont-ils fréquentables ?
Aujourd’hui, vos pays prétendent être des exemples de rectitude humaine. À quel titre ?
En Haïti actuellement, des gens marchandent leur dignité pour un morceau de pain ou pour un visa. Les dirigeants, dont les éléments des élites économique, intellectuelle et politique, n’ont de cesse de souiller la dignité nationale par leur conduite servile vis-à-vis des officiels des pays étrangers. Je me moque du Premier ministre, de la ministre des Affaires étrangères, de l’Environnement et de la Culture, ainsi que du soi-disant ordonnateur du Fonds européen de développement et des autres Haïtiens qui ont applaudi vos propos odieux, monsieur l’apprenti pro consul espagnol. Ils sont des héritiers indignes de nos aïeux.
Comme eux, vous ignorez pas sans doute que Toussaint, Nègre digne, en mission de conquête à Santo Domingo en janvier 1801, avait déclaré à Don Joaquín García y Moreno, votre vice-roi « Je suis venu en conquérant. Je ne suis pas un envoyé espagnol pour votre relèvement. »
Pour leur contribution à l’injure faite à la digne nation haïtienne, le 12 octobre, ils méritent plus que l’opprobre. La sentence consécutive à leur condamnation pour association avec vous sera sévère. L’histoire leur réserve une place dans le chapitre réservé aux pires espèces.
De la Fréquentabilité d’un Chef d’État
Pour votre gouverne, messieurs, la fréquentabilité d’un chef d’État ne dépend pas de sa moralité. Épargnez-nous une telle sottise, messieurs. Si la moralité et la fréquentabilité étaient des critères valides, Donald Trump et Vladimir Poutine ne pourraient se rendre dans aucun autre pays du monde. Chez eux, ils sont accusés de corruption et de violations de la loi.
Leur seule distinction réside dans leur puissance géopolitique relative par rapport à Haïti. Regardons de plus près les reproches faits à ces chefs d’État respectifs.
Aux États-Unis d’Amérique, le candidat Trump a été jugé responsable, en procédure civile, d’agression sexuelle et condamné à indemniser une plaignante, et d’autres accusations pèsent contre lui dans ce sens. De plus, en février 2024, un juge de l’État de New York l’a déclaré responsable d’avoir fraudé l’État de New York dans l’évaluation de la valeur taxable de ses propriétés foncières, et l’a condamné à verser $354.9 millions de dollars, autour de $515 millions actuellement compte tenu des intérêts, à l’État.
Pire, un jury de la ville de New York a déclaré l’ancien président Trump coupable de 34 chefs d’accusation pour avoir dissimulé le paiement de 130 000 dollars à une vedette de films pornographiques afin de l’induire au silence.
Quel pays, quel organisme multilatéral osent sanctionner Trump ? Et vous nous donnez des leçons de dignité ! De quel droit ! Quelle arrogance ! Quelle outrecuidance !
Pourtant, ces démêlés judiciaires criminels n’ont pas empêché le candidat Trump de briguer la magistrature suprême de son pays une deuxième fois. Pire encore, lors de son premier mandat, le président Trump a fait l’objet de deux procédures de destitution et a fomenté une insurrection le 6 janvier 2021. S’il avait été brésilien ou haïtien, il ne serait plus éligible à aucun office, voire la présidence. Quel pays, quel organisme multilatéral osent sanctionner Trump ? Et vous nous donnez des leçons de dignité ! De quel droit ! Quelle arrogance ! Quelle outrecuidance !
Quant à Poutine, depuis son arrivée au pouvoir, il a violé la souveraineté de la Moldavie et de la Géorgie, et a fait tuer des dizaines de milliers de Tchétchènes, et maintenant d’Ukrainiens…
Pour citer le principe chrétien européen, « que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre ». Au regard des crimes commis par les pays européens et leurs cousins du Canada, des États-Unis d’Amérique et d’ailleurs en Amérique, les Blancs n’ont pas de leçons à donner en Haïti sur la corruption, la dignité, la liberté ou l’appui aux groupes armés asymétriques. D’ailleurs, les Haïtiens ont appris cette sale besogne de ces Blancs-là. De surcroît, 100% des armes, munitions et stupéfiants qui alimentent les forfaits des brebis égarées proviennent des pays étrangers que vous contrôlez. Les Haïtiens ne sont que vos victimes expiatoires, en collaboration avec les élites nationales qui ont capturé l’État, et ce, à votre profit conjoint. C’est pourquoi, ces haïtiens sans scrupules, ni dignité que vous rencontrez n’osent pas vous classer comme les héritiers dignes de nos aïeux doivent le faire.
Revoyez donc vos copies, proconsuls espagnol, français et autres improvisés en poste en Haïti, ou à venir. Haïti n’est pas votre colonie. Ceux qui se prosternent devant vous tout en prétendant gouverner Haïti n’engagent qu’eux-mêmes et leur progéniture. La nation haïtienne, digne œuvre de Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Henri Christophe, Alexandre Pétion et tant d’autres, vainqueurs de Napoléon Bonaparte pour la dignité des Africains, et aspirateurs de Simón Bolívar et de tant d’autres, est le porte-étendard de la dignité humaine. Pas vous ! Sa Elle n’a point besoin d’être restaurée. N’aviez-vous pas connu votre guerre civile, du 17 juillet 1936 au 1er avril 1939, en Espagne. Ambassadeur français, préoccupez-vous des bâtiments décrépits de vos lycées et autres infrastructures critiques. Et n’aviez-vous pas été libérée pas une, mais deux fois, par les tirailleurs sénégalais et d’ailleurs en Afrique contre l’Allemagne ?
Messieurs, ignorez-vous que ce qui se passe en Haïti actuellement n’est pas inédit dans l’histoire du monde. Sont-ce des Haïtiens qui avaient exterminé des juifs et des gitanes européens ? Quid de la guerre de 1861 à 1865 aux Etats-Unis d’Amérique pour maintenir la servitude et autres crimes odieux ? Les États de vos pays ont toléré de pires sévices que ceux commis par ces brebis égarées haïtiennes qui mettent l’État en déroute actuellement. Les viols de l’Algérie, du Viêt Nam, du Sud-Ouest africain, les exterminations des peuples indigènes, les guerres de l’opium et tant d’autres crimes trop nombreux pour être mentionnés dans cet essai font de vos pays de piètres donneurs de leçons.
Pierre Antoine LOUIS
BA, MA, JD
Nègre digne et fier d’Haïti
