Sentez-vous fiers ! Soyez fiers d’avoir fait flotter à nouveau, après cinquante-deux ans d’attente, notre bicolore national. Symbole immuable de notre dignité, notre drapeau a brillé dans l’un des plus grands stades du monde, sous les yeux de dizaines de milliers de spectateurs. Votre courage et votre dévouement à garder ce flambeau allumé sont sans faille.
Soyez-en certains : vous étiez à la hauteur de ce choc contre l’Écosse. Face à une nation classée 43e mondiale alors que nous occupons le 83e rang, vos efforts ont été inestimables. Vous aviez les armes pour décrocher le nul, et même pour l’emporter.
Cependant, une analyse lucide de la rencontre met en lumière quelques détails cruciaux, ces légers manquements et ce manque de rouerie qui, d’une certaine manière, nous ont privés d’un grand rendez-vous :
- Le manque d’imagination sur les coups de pied arrêtés : Répéter la même formule pendant 90 minutes a rendu notre jeu prévisible, manquant d’audace, et a grandement facilité la tâche de la défense adverse.
- La baisse de régime offensive : Notre numéro 20, dont le talent est indiscutable, est malheureusement passé à côté de son match. En manquant d’impact et d’agressivité positive dans ses efforts, et en cherchant trop la faute dans la surface, l’attaque de pointe a perdu en efficacité.
- Le manque de roublardise face à l’arbitrage : Trois fautes de main adverses auraient dû être signalées, dont deux flagrantes. L’absence de réaction véhémente de notre équipe a privé la VAR d’une opportunité d’intervenir. Au football, la manifestation du mécontentement même minime attire l’attention du public et du corps arbitral. Il nous a manqué hier soir cette forme de malice intelligente du côté du staff technique ; malgré un arbitrage défavorable, l’attitude trop complaisante de notre entraîneur a laissé l’impression visuelle que tout se passait bien.
Cette prestation mérite d’être visionnée à plusieurs reprises afin d’en identifier les nuances et de corriger les erreurs, pour que l’équipe puisse se maintenir durablement à ce niveau que je considère comme le top. Vous avez produit l’essentiel du jeu ; il ne vous reste plus qu’à travailler la finition. Vous êtes une équipe capable de regarder n’importe quel adversaire les yeux dans les yeux. À mon sens, toutes les lignes ont répondu présent.
Mais souvenez-vous : nous avons perdu une bataille, pas la guerre.
Levez la tête et réveillez-vous ! Vertières n’a pas été l’unique bataille pour notre liberté, elle en a été l’ultime et victorieuse conclusion. Le combat continue pour que les générations futures s’inspirent de votre patriotisme et de votre dévouement, et qu’elles puissent un jour triompher là où vous avez trébuché. On n’échoue réellement que lorsqu’on abandonne le combat.
Prenez du recul : le Brésil, quintuple champion du monde, traverse aujourd’hui sa 24e année de disette. Notre indépendance, dont le monde entier admire l’héritage, ne s’est pas gagnée en un jour ; elle a mûri au prix de trois siècles de sacrifices.
Bravo à vous. Le défi est relevé et Haïti est debout. Faisons en sorte qu’elle le reste pour toujours.
Pour la patrie, marchons unis.
Vive nos Grenadiers !
Dr Evallière Beauplan
Coord. du MOLHA
