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Depuis plus d’une décennie, Haïti est plongée dans une instabilité électorale chronique, marquée par des scrutins contestés, reportés ou inexistants. Cette situation a progressivement affaibli les institutions et creusé le fossé entre les dirigeants et la population.
Pourtant, au cœur de cette période troublée, un moment mérite d’être rappelé : la transition assurée par le Président Jocelerme Privert en 2016-2017. Arrivé au pouvoir dans un contexte de crise aiguë, il avait pour mission principale de rétablir l’ordre constitutionnel à travers l’organisation d’élections crédibles.

Malgré les difficultés, cette transition a abouti à la mise en place d’un président élu, marquant ainsi une volonté de respecter le principe fondamental de l’alternance démocratique. En quittant le pouvoir sans s’y accrocher,le Président Jocelerme Privert a envoyé un signal important : celui d’un attachement aux règles démocratiques, dans un pays où celles-ci sont souvent fragilisées.
Cependant, cet effort n’a pas suffi à stabiliser durablement le système. Les années qui ont suivi ont été marquées par de nouveaux blocages électoraux, conduisant à une situation où de nombreuses institutions fonctionnent sans légitimité élective.
Aujourd’hui, le contraste est frappant. Là où une transition avait permis de préserver, au moins temporairement, l’idée d’une alternance démocratique, le pays semble désormais enlisé dans une crise où le renouvellement des dirigeants par les urnes devient de plus en plus incertain.

Dans ce contexte, l’expérience de 2016-2017 pose une question essentielle : Haïti peut-elle renouer avec cette logique d’alternance respectée, ou s’enfoncera-t-elle davantage dans une gouvernance sans mandat populaire ?

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