Un mélange de honte et d’absurdité. Le signe parfait que l’ignorance a bel et bien franchi le seuil de nos portes. La chose est tragi-comique ; malheureusement, le poids du fanatisme fait des merveilles.
Quand, dans une société, le droit, la science aussi bien que le bon sens sont mis de côté, on ne saurait espérer mieux. Puisque de ces scènes creuses qu’on admire en plein jour, de ces mascarades qu’on nous offre à vil prix, de ces idioties qu’on exhibe au cœur de la cité et de ces imbéciles qui nous prennent pour des macaques, rien de bon ni de constructif ne pouvait résulter.
L’heure est grave. Même le sage a fui ou s’est tu, car le malhonnête est devenu prince. Le corrompu garde le trône. Et le peuple croupit dans un bain de misère, de naïveté et d’ignorance.
Qui mettra la cloche au cou du matou ? Qui prendra conscience pour dénoncer enfin l’abrutissement et le désordre ? Qui s’engage ou s’engagera dans la défense de l’intérêt général ? Qui reste-t-il encore dans ce paradis transformé en cimetière de honte et de remords, où seuls les incapables se sentent chez eux ?
En fait, on est libre de se faire complice dans le silence, tout comme on l’est en vociférant des absurdités pour faire plaisir à un petit groupe au détriment de la majorité.
Par ailleurs, ne pas choisir reste aussi un choix : celui de prouver sa lâcheté ou sa stupidité, celui de pactiser avec le mal et la peur. En effet, quand on ne dénonce pas le complot, ne se fait-on pas aussi coupable du crime ?
Seul le temps est maître de la vérité. Effectivement, lui seul est en mesure de faire tomber les masques, puisque les incompétents et les vendus au timon des affaires ne voient même pas plus loin que le bout de leur nez. Et puis, quel pays avons-nous déjà construit avec des corrompus, des traîtres et des lâches ? Car, aussi longtemps qu’ils peuvent tenir, l’hypocrisie, tout comme l’hypocrite, a ses limites.
Certainement, le faible n’est pas condamné à demeurer faible éternellement. Tant pis pour le fort qui a bâti son trône sur la vulnérabilité des plus démunis et des sans-voix. Tant pis pour ces princes qui jouissent du pouvoir au milieu de ce désordre et de ce chaos téléguidés. « Les jours des méchants sont comptés », à ce qu’on sache.
Évidemment, les masques doivent tomber, les voiles doivent être soulevés. Sinon, enlever le bandeau de l’ignorance ne serait d’aucune utilité pour celles et ceux qui ont pour mission de coudre les déchirures de ce peuple abusé.
Le temps doit remettre chaque chose à sa place. Il a l’obligation de foutre hors jeu les salauds et les cruels.
Le temps ne pardonne pas et ne fait aucun cadeau. Il donne à chacun ce qu’il mérite. Le temps est là. Il attend. Mais, entre-temps, nous sommes au cinéma, et le film fait rire, pleurer, jouir, penser, souffrir, trembler, rêver, se lamenter. C’est un film, enfin… un putain de cinéma.
Certains disent qu’il est trop tard ; d’autres pensent le contraire. Les défis sont là. Les solutions sont là aussi, à coup sûr.
