Jean David Genesté sur Vision 2000 : « Après dix ans, il faut consulter le souverain »
Le représentant national de la plateforme *Ayiti Transfòme, Jean David Genesté, était l’invité, jeudi dernier, de la journaliste Marie Lucie Bonhomme, sur les ondes de Radio Vision 2000. Au centre des échanges : une question particulièrement préoccupante dans le contexte actuel : *la violence des gangs peut-elle empêcher la tenue des élections du 13 décembre prochain ?
L’émission s’est déroulée dans une atmosphère cordiale et professionnelle, à l’image des interventions de Marie Lucie Bonhomme, connue pour la pertinence de ses questions, son absence de complaisance et son souci de respecter les règles du journalisme.
Face à elle, l’ancien député de la circonscription des Cayes–Île-à-Vache a répondu avec assurance, intelligence politique et un profond sentiment de révolte face à la dégradation de la situation sécuritaire du pays.
Kenscoff au cœur des échanges
Le massacre survenu récemment à Kenscoff a notamment été abordé au cours de l’émission. Sur cette question, Jean David Genesté n’a pas choisi de se livrer à une accusation frontale des autorités en place. Il a plutôt plaidé en faveur d’un retour à la normalité institutionnelle à travers l’organisation d’élections.
« Après dix ans, il faut consulter le souverain* », a-t-il insisté, rappelant ainsi, selon lui, la nécessité de redonner la parole au peuple haïtien après une longue période sans véritable consultation électorale.
Évoquant la bataille que se livrent les groupes armés pour le contrôle de Kenscoff, le représentant national d’Ayiti Transfòme a également souligné la valeur stratégique de cette commune, située en hauteur et dominant la capitale.
Pour Jean David Genesté, il est difficilement acceptable que le contrôle des axes routiers Nord et Sud par une poignée de gangs puissent suffire à paralyser tout le territoire national.
Il a ainsi appelé les autorités à prendre les dispositions nécessaires pour rétablir la circulation sur les axes routiers reliant le Nord et le Sud du pays, afin de permettre la libre circulation des citoyens et des marchandises et de réduire l’impact du contrôle territorial exercé par les groupes armés.
« Ayiti Transfòme n’est pas un slogan »
L’émission a également permis à M. Genesté de préciser la vision politique portée par la plateforme Ayiti Transfòme.
Selon lui, Ayiti Transfòme ne saurait être réduit à un simple slogan ou à un concept politique dépourvu de contenu. Il s’agit, affirme-t-il, d’un projet politique élaboré autour d’une vision de long terme pour le pays, prenant notamment en compte deux grandes échéances historiques.
La première est 2049, année qui marquera le tricentenaire de la fondation de Port-au-Prince. La seconde est *2054*, qui correspondra au 250e anniversaire de l’indépendance d’Haïti.
Jean David Genesté estime que le pays doit dès aujourd’hui se préparer à ces grandes échéances historiques. « *Nous avons raté le centenaire et le bicentenaire ; nous n’avons plus le droit à l’erreur* », a-t-il martelé en substance.
L’objectif, selon lui, est de faire du 250e anniversaire de l’indépendance une occasion de célébrer non seulement l’histoire nationale, mais aussi *la stabilité, la croissance économique et la prospérité*. Il s’agit notamment, soutient-il, de créer suffisamment d’opportunités économiques et d’emplois pour permettre aux jeunes de construire leur avenir en Haïti plutôt que de chercher ailleurs les conditions de leur épanouissement.
Un appel à la conscience citoyenne
Au terme de l’entretien, Jean David Genesté a défendu une vision fondée sur la stabilité institutionnelle, la bonne gouvernance et la participation citoyenne comme conditions essentielles à la transformation du pays.
L’émission, animée avec professionnalisme et rigueur par Marie Lucie Bonhomme, a ainsi permis d’aborder plusieurs des grandes préoccupations de l’actualité nationale, notamment l’insécurité, le contrôle territorial des gangs, la tenue des élections et la nécessité d’une refondation institutionnelle.
À travers ses différentes interventions, le représentant national d’Ayiti Transfòme a lancé un appel à la *conscience citoyenne* et à la mobilisation collective pour sortir Haïti des ornières du sous-développement.
Un échange de haute facture, marqué par la qualité des questions de la journaliste et la capacité de l’invité à articuler les urgences du présent avec une vision politique de long terme pour Haïti.
Desroses Bleck Dieuseul, le 30 août 2026
